# LA FETE DE LA VIERGE
DE LA GUADALUPE A SAN CRISTOBAL DE LAS CASAS
"Il y a tres longtemps, le 12 decembre 1531, un
jeune garcon qui s'appelait Juan Diego, eut une apparition de la Vierge
Marie sur le mont Tepeyac, tout pres de Mexico. Juan Diego entendit la
Sainte Vierge qui lui ordonna d'aller voir l'eveque de Mexico pour lui
demander de faire construire une eglise en son honneur sur le lieu meme
de son apparition. Mais personne ne l'ecouta et voulut le croire. Alors,
la Vierge fit pousser de splendides roses de Castille au sommet de la
colline ou elle etait apparue. Cette colline etait habituellement desertique...
Juan Diego cueillit un bouquet de roses et l'apporta a l'eveque de Mexico.
Emerveille, l'eveque s'agenouilla devant Juan Diego et vit alors s'imprimer
le visage de la Vierge sur la tunique du jeune garcon. Une chapelle fut
rapidement construite sur la colline.
La Vierge de la Guadalupe devint pour les indigenes leur Bonne Mere, puis
en 1737, elle devint patronne de Mexico.En 1910, l'Eglise la nomma patronne
de toute l'Amerique latine." (Extrait du Guide du Routard) |
Chaque annee, le 12 decembre, les mexicains
fetent le jour de la Guadalupe. Tous les croyants y participent et il
y en a de tous les ages. Ils partent en pelerinage avant le 12 decembre
et organisent des convois. Ils courent, souvent pieds nus, en se relayant
et en tenant un flambeau allume. Cela dure pendant des jours, parfois
des semaines, car certains parcourent de nombreux kilometres (on en
a vu qui avaient fait 400 kms). Les pelerins sont accompagnes par des
camions ou des voitures decores de feuillages, de ballons multicolores
et ils portent tous un grand drap avec la Guadalupe dessus. Les participants
sont tous habilles pareils avec un tee-shirt blanc et des foulards sur
le front avec la Guadalupe imprimee dessus. Nous avons croise plein
de groupes sur la route entre Palenque et San Cristobal.
Puis, a San Cristobal, nous les avons vu arriver, fatigues et blesses.
Ils montaient en courant tout en haut des marches qui menent a l'eglise
de la Guadalupe et avant de rentrer, ils se mettaient a genoux et avancaient
jusqu'a la Vierge en priant. Souvent des musiciens les accompagnaient
dans la rue et les spectateurs leur lancaient des confettis en les applaudissant.
D'autres faisaient exploser plein de petards et de fusees et les camions
klaxonnaient. En ressortant de l'eglise ils se remettaient a courir
jusqu'en bas.
Le soir, il y avait la fete foraine, des orchestres de musique, des
chanteurs et toujours plein de fusees et de petards. Cette fete est
tres joyeuse.
(JEANNE)
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| # Rites dans l'eglise de SAN
JUAN DE CHAMULA Lorsque l'on penetre dans l'eglise
de Chamula on entre dans un monde completement a part. Des centaines de
bougies sont posees a meme le sol, illuminant d'une douce lumiere toute
l'eglise. Sur des tables, autant de photophores allumes. Pas de bancs.
Le sol est jonche d'epines de pin. Un peu partout, les indiens Tzotziles
prient face aux bougies qu'ils n'ont de cesse d'allumer, rallumer, remplacer...
Mais aussi, face a tous les saints qui ornent chaque cote de l'eglise
ou face a des bouteilles d'alcool qu'ils ont pose sur le sol comme des
offrandes et qui accompagnent leurs psalmodies. Les femmes et les enfants
sont assis par terre en tailleur, les bebes tetent leur mere, les poules
sortent de leur panier... Ces indien honorent des statues de saints, habilles
avec de vrais vetements et devant lesquels ils ont depose de multiples
bouquets de fleurs. On y croise San Lucas, San Francisco, San Marcos,
San Nicolas... mais aussi Santa Ana, Santa Lucia ou Marta... D'un cote,
les saints, de l'autre les saintes. Ces statues portent des miroirs servant
aux fideles a voir le reflet de leur ame. Les Vierges protectrices sont
aussi la : Virgen Magdalena, Rosa de Lima ou bien encore del Carmen. Bien
sur, la Virgen de la Guadalupe tient une place toute particuliere, au-dessus
d'un autel couvert de fleurs. Quelle etrange et fascinante atmosphere.
Melange de culte catholique et rites paiens. Ici, on se sent "en
securite", preserve de la misere et de l'aprete de la vie. Quelques
touristes se melent a cette etonnante foule. L'eglise est pleine, les
groupes prient, chantent, deux musiciens jouent de l'accordeon et de la
guitare pour accompagner quelques membres d'un village voisin venus recuperer
de petites statues de vierges. Nous sommes bienvenus ici, les gens nous
sourient ou restent indifferents a notre presence ... Interdiction cependant
de photographier. |
| # La " fiesta del niño":
Noel a Puerto Angel.
C'est le soir de Noel, le 24 decembre, il est
presque 23h. Nous sommes dans le quartier des pecheurs a Puerto Angel,
un quartier tres modeste avec des maisons en dur. Sur certaines terrasses,
les metiers a tisser les hamacs ont ete laisse en plan par les femmes...
On sent une certaine agitation, les habitants du quartier se sont rassembles
dehors. Ils attendent devant la "tortilleria". On nous explique
alors que le "niño" va bientot arriver, et que ce sera
l'occasion de chanter et de le feter. Le niño, evidemment, c'est
le "petit Jesus". Dans une sorte de hangar, jouxtant l'atelier
ou l'on prepare les tortillas, une immense creche a ete installee. Fleurie,
decoree et clignotante bien sur, elle est couverte de mousse et tous les
santons attendent eux aussi... Au plafond, on a suspendu guirlandes, drapeaux
de papier colore et ballons de baudruche. Des femmes attendent, assises
sur des chaises. C'est alors qu'arrive "la" procession. Bougies
a la main et chantant, femmes et enfants miment la scene de la nuit de
Noel ou Marie, et son Joseph de charpentier, cherchaient un logis pour
mettre au monde le "divin" enfant... Le groupe est evidemment
accueilli et on le laisse joyeusement entrer dans le hangar. Puis vient
le moment de bercer le "niño". On l'installe dans un
linge de dentelle pour le bercer, tandis que tout le groupe chante. Pour
parfaire encore l'ambiance, les enfants ont allume des cierges scintillants.
C'est gai et bon enfant. A la fin, tout le monde applaudit et on couche
le "niño" dans la creche. Puis, tout le monde ressort
dans la rue et la fete des enfants commence. Au-dessus de la rue, on suspend
a une corde, une premiere "piñata". C'est une tradition
au Mexique. La piñata est un grosse silhouette en papier mache
et papier crepon, dont la base est un pot en terre qui contient plein
de friandises. Il y en a de toutes sortes: personnages, etoiles, sapins....
On en offre aux enfants pour les fetes, les anniversaires.... Ce soir,
la premiere piñata est un sapin blanc. A tour de role les enfants
vont devoir tenter de la briser a l'aide d'un gros baton. Pour corser
l'affaire, ils ont les yeux bandes...C'est la folie, tout le monde crie,
conseille, suggere, oriente... Lorsqu'enfin le sapin deverse tous les
bonbons par terre, c'est le "rush"! C'est a qui recuperera le
plus de bonbons! Nous sommes ici les seuls touristes et tout le monde
nous accueille simplement et le sourire aux levres. Des enfants viennent
partager ce qu'ils ont amasse avec Emma. Puis, deuxieme piñata!
Cette fois, c'est une grosse etoile. Meme jeu, meme excitation....
Pour finir, tous les enfants, y compris les notres, sont invites a faire
la queue devant la "tortilleria" pour recevoir plein de paquets
de bonbons, sucettes, chewing-gums, chips, pop corn.... On vient aussi
en distribuer a tout le monde. Jeunes et vieux sont spontanement rassembles
dans la rue. On sert ensuite a toute l'assemblee, de l' "atole",
boisson chaude preparee avec du lait, du mais et de la cannelle. D'autres
preferent le "pozole", consomme de poulet. Assis sur le trottoir
ou debouts, tout le monde participe gaiement aux festivites. Il est plus
de minuit. Feliz Navidad a todos!
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