Journal de Bord: NOUVELLE CALEDONIE / ILE DES PINS
22 septembre au 12 octobre

 

Journal 1

 

Nous sommes aux Antipodes depuis 3 semaines et nous nous sommes offert de « petites » vacances. Faute d’ordinateur sous le Tropique du Capricorne nous nous sommes coupés de vous et du monde... Mais nous revoilà donc, fidèles malgré tout, et bienheureux de vous raconter nos dernières aventures...

En arrivant à Nouméa, c’était un peu comme un choc. Soudain, on entendait parler français partout autour de nous, on reconnaissait les panneaux de signalisation, les bâtiments administratifs, on retrouvait un peu la France.
La Nouvelle Calédonie est au bout du monde et pourtant c’est un petit bout de France, loin, très loin de la France, isolée dans le Pacifique et c’est ce qui fait qu’on s’y sent à la fois un peu désorientés et en terre connue.

Ici la vie est hors de prix, nous le savions avant d’y venir et nous avons rapidement constaté que le choix en matière d’hébergement est plus que limité

En dehors de Nouméa, il est très difficile pour une famille de voyager de façon économique. Le peu de développement touristique est très surprenant. Sorti de la « ville blanche », il n’y a pour ainsi dire « rien »!

A Nouméa, nous avons donc fini par atterrir à l’Auberge de jeunesse, accueillante et bien située au sommet d’une colline surplombant le centre ville.

De là-haut, on a la vue sur le lagon qui se profile à l’horizon, l’océan plus loin encore et le port de Moselle. Nous avons commencé notre séjour ici par régler mes problèmes de passeport. En quittant Sydney, nous avons appris que le mien n’était plus valable pour entrer aux Etats-Unis à compter du 1er octobre. Il m’en fallait un à lecture optique et évidemment, le mien ne l’était pas...
Même chose pour les enfants qui devaient être en possession d’un passeport individuel... Nous avons donc visité toutes sortes de bureaux administratifs, rencontré divers agents territoriaux et fini par obtenir au bout de 2 jours (à force d’argumentations )qu’on m’en refasse un ici à Nouméa. 2 jours d’ennuyeuses démarches et ô combien énervantes, mais indispensables pour la poursuite de notre périple.
A Nouméa, nous avons visité le centre culturel Tjibaou, dont l’originale architecture, inspirée des cases traditionnelles mélanésiennes et réalisée en bois exotique, est véritablement magnifique. Peu de monde pourtant pour en profiter: des salles vides de visiteurs, un parc déserté... C’est un constat habituel parait-il ici...

Il y a d’ailleurs très peu de touristes en ce moment ici, quelques japonais et pas mal de ... nantais et c’est tout! Mais nous ne sommes qu’au début du printemps et c’est encore la basse saison... Nouméa nous a rappelé des villes comme Brest ou St Nazaire, relativement récente, sans charme vraiment particulier, quadrillée d’avenues rectilignes, avec une grande place centrale: la Place des Cocotiers. C’est une ville très tranquille, complètement endormie et inanimée le dimanche. Pourtant, dès qu’on s’en éloigne, on se rend compte qu’elle est une sorte de « capitale » et que c’est là que tout se concentre.

Nous sommes partis quelques jours en balade du côté de Bourail sur la côte nord ouest de Grande Terre afin de profiter de la plage de Poé. Ici aussi nous étions pratiquement seuls. Le lieu est pourtant touristique, c’est là que se trouvent la Roche de la Pierre percée, la baie des Tortues et un superbe lagon qui se mérite. Si l’on veut s’y baigner on doit d’abord marcher pas mal, traverser un champ d’algues puis un somptueux récif de fleurs de corail (roses fushia, violettes, jaunes fluo...) avant d’arriver enfin dans l’ »aquarium. » Là, on peut nager dans une eau très turquoise, très claire et très chaude...

Au loin, les vagues qui arrivent du Pacifique viennent se fracasser sur le récif. L’endroit est sauvage et super préservé. Les enfants ont passé des heures à plonger... Nous n’avons rien fait d’autre ici que nous emplir les yeux de bleu, de turquoise et de vert... Bourail est la 2ème ville de Calédonie, mais c’est en fait un village complètement perdu, sans âme et plutôt morne, vide dès que la nuit tombe et où il n’est pas facile de se restaurer.
Avant d’arriver à la plage de Poé, nous nous sommes arrêtés à Petit Coulis, un hameau de campagne niché au creux d’une vallée tranquille. Nous y avons visité une grande case traditionnelle: la chefferie, typique de la culture kanak.Pour visiter ces cases, il faut demander l’autorisation au chef du village. Celui de Petit Coulis nous a reçu simplement et avec beaucoup de sympathie. Il nous a expliqué le mode de fonctionnement tribal lié a la culture océanienne et toujours en usage ici. Nous avons compris à quel point les relatiosn entre les diverses populations implantées en Calédonie restaient fort complexes.
Chacun doit trouver sa place, les kanakes revendiquent leur indépendance, tout en étant dépendants de l’état français, les coutumes et les traditions restent très fortes au sein des tribus, blancs et noirs se mélangent peu (c’est surtout flagrant à Nouméa). En rentrant à Nouméa, nous avons renoncé à faire le tour de la Grande Terre, redoutant un voyage itinérant onéreux et un peu « galère » à organiser en famille: peu d’hôtels (ou alors très chers), peu de possibilités de moyens de transports locaux... mais en intégrant la Nouvelle Calédonie à notre périple, nous avions de toutes façons envisagé de profiter des îles et du lagon et d’aller à l’île des Pins pour en profiter un peu plus, c’était donc sans regret.
 

 

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