LE REVE DU VOYAGE :    



• Pourquoi on décide de partir ?
« Atlas et voyage… autres réflexions »

 


Avec la venue de nos enfants, le désir de partir et de voyager n’a pas tari, mais il est devenu un peu plus difficile à concrétiser.
Evidemment, partir à 3, puis 4, puis 5… cela nécessite davantage de moyens, une autre organisation ! Nous les avions donc jusqu’à présent, peu associés à nos pérégrinations.
Pourtant, lorsque nous partions loin tous les deux, on se disait toujours, qu’avec eux, l’expérience serait sûrement fabuleuse et qu’un jour, il faudrait se décider à prolonger le temps et prendre les moyens de concrétiser le voyage familial.
Nous avions vraiment envie de leur faire partager toutes ces sensations, ces instants volés au temps, ces découvertes, ce sentiment d’appartenir à la terre et non plus à un seul petit bout de pays… leur faire appréhender « de près » la différence, « l’autre »…
En même temps, ce que nous recherchions, avec nos enfants, ce n’était pas seulement la visite et la découverte d’autres pays et d’autres continents, c’était aussi un autre genre de vie. Une véritable cassure dans notre quotidien, quelque chose d’un peu plus aventureux et marginal. Il nous sembla alors que le voyage au long cours pourrait nous apporter cela. Ainsi imaginé, le voyage deviendrait expérience ! Il serait « vie » à lui tout seul, et non plus « séjour » ou « vacances ». Il prendrait une autre dimension…

 
Et puis le temps passe, mais l’envie est toujours présente, parfois même obsédante, souvent accompagnée de cette petite phrase : « Un jour on repartira… ».
Alors, il faut se décider !
A force d’en parler, d’en rêver, il faut passer à l’action…Un jour, cela devient urgent !

C’est ainsi que Nathan approchant du lycée, Jeanne du collège et Emma de « l’âge de raison », nous avons franchi le cap au cours de l’hiver 2002, et nous avons décidé de larguer les amarres, de vivre « autre chose », de s’offrir une année en « free lance » et de (re)partir, dès l’année suivante !
Décision prise, (non sans hésitation et douleurs), il fallait à présent « convaincre » les enfants !
En effet, ce projet c’est nous qui leur apportions, qui leur proposions. Bien qu’ils aient toujours entendu parler « voyage et tour du monde » à la maison, ils n’y croyaient pas vraiment, laissant leurs parents rêver au coin du feu, et fabuler sur d’improbables destinations…
Au départ, tous les 3 n’ont donc pas partagé le même enthousiasme que nous face à un tel projet ! Que d’inconnu ! Pourquoi partir ? Les copains ? La maison ? L’école ?
Et puis, passé l’effet de surprise, Nathan a vite compris l’intérêt d’une telle année. Curieux, plus « âgé », que ses sœurs, il a tout de suite adhéré au projet, rêvant avec nous, s’envolant déjà vers des contrées inconnues mais prometteuses…
Emma aussi a vite accepté le projet. A 6 ans on s’emballe vite à l’idée de passer des journées entières sur des plages de rêve, de nager, de peut-être rencontrer des dauphins (on fera tout pour…). En famille, quel bonheur !
C’est Jeanne qui a mis le plus de temps à l’accepter…
Elle s’est même montrée très réticente, attristée, inquiète, s’opposant à l’idée de partir si longtemps, si loin…Pourquoi nous ? Pourquoi faire ?
Et puis, au fur et à mesure que le temps a passé, (nous avions plus d’une année pour la convaincre), en ayant soin de la rassurer, et grâce à l’enthousiasme grandissant des « quatre autres », elle s’est peu à peu faite à cette idée.
Finalement, elle semble plutôt contente de partir et nous comptons sur le voyage lui-même pour finir de la convaincre tout à fait…

Nous partons donc pour nous faire plaisir (on ne se le cache pas), pour profiter d’un moment unique dans notre vie, où nous serons tous les 5 en situation d’exception ! Pour miser sur le bonheur, car ce voyage ainsi conçu, c’est avant tout un immense bonheur à partager, et de cela nous sommes convaincus…
Nous partons pour retrouver aussi des bonheurs simples, tel celui d’être étonnés, surpris par ce qui est différent, pour casser les habitudes ennemies, la routine effrayante, pour vivre simplement, pour observer, pour rencontrer, pour échanger, pour rassasier un peu notre curiosité du monde…
Enfin, nous partons parce qu’à un moment de notre vie il nous a semblé essentiel de le faire.

« Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. La vérité, c’est qu’on ne sait comment nommer ce qui vous pousse. Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu’au jour où, pas trop sûr de soi, on s’en va pour de bon. » (Nicolas Bouvier : « L’usage du monde »)

 
   
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